Dans un contexte de transition écologique, de montée des mobilités douces et de recomposition des espaces urbains, le stationnement ne peut plus être pensé comme une simple fonction annexe. Il devient un levier stratégique pour accompagner les usages émergents, fluidifier la ville et contribuer aux objectifs environnementaux.
1. Prendre en compte la diversité des mobilités
Trop souvent, les politiques de stationnement restent centrées sur la voiture individuelle. Pourtant, les besoins évoluent : vélos, trottinettes, scooters électriques, véhicules partagés ou de logistique urbaine nécessitent des emplacements spécifiques. Ignorer cette diversité, c’est risquer la saturation et l’inefficacité. Prévoir des arceaux sécurisés pour les vélos, des zones de stationnement pour la logistique du dernier kilomètre ou des places dédiées à l’autopartage permet d’accompagner concrètement ces nouveaux usages.
2. Améliorer l’expérience des usagers
Trop souvent, les usagers sont confrontés à un stationnement peu intuitif : signalétique absente ou incohérente, informations indisponibles ou obsolètes, absence de guidage clair… Résultat : des places inoccupées, un temps perdu à chercher, et une frustration généralisée.
Pour y remédier, il est essentiel d’adopter une approche centrée sur l’utilisateur. Cela passe d’abord par une signalétique claire et uniforme, visible de jour comme de nuit, qui facilite l’identification des zones, des règles applicables, et des moyens de paiement. Ensuite, le numérique peut jouer un rôle clé : applications mobiles, panneaux d’affichage en temps réel ou capteurs intelligents permettent d’informer l’usager sur la disponibilité des places, les tarifs ou encore le temps de stationnement restant.
L’expérience se joue aussi dans les petits détails : parcours piéton sécurisé pour sortir d’un parking, éclairage optimisé, interface de paiement simple, prise en compte des personnes à mobilité réduite… Chaque point de friction supprimé rend le stationnement plus fluide, plus accessible, et donc plus attractif.
En plaçant l’usager au centre de la réflexion, les collectivités valorisent leur offre de stationnement, réduisent les comportements irréguliers, et renforcent l’adhésion aux politiques de mobilité.
3. Intégrer pleinement l’enjeu environnemental
Le stationnement, souvent perçu comme un simple espace technique, peut pourtant jouer un rôle clé dans la transition écologique des villes. Aujourd’hui, trop d’infrastructures contribuent à l’artificialisation des sols, à la formation d’îlots de chaleur ou encore à l’encombrement visuel de l’espace public.
Pour limiter ces impacts, plusieurs solutions concrètes peuvent être mises en œuvre. La végétalisation des abords ou des toitures de parkings permet non seulement d’améliorer le cadre de vie, mais aussi de mieux gérer les eaux pluviales. L’installation d’ombrières solaires permet quant à elle de produire de l’énergie renouvelable tout en protégeant les véhicules de la chaleur. La mutualisation des places entre différents usagers ou fonctions (habitants, commerces, bureaux…) contribue à limiter la surproduction d’espaces de stationnement.
Il est aussi possible de repenser certains parkings comme de véritables hubs de mobilité : intégration de bornes de recharge électrique, de stationnements vélo sécurisés, ou encore d’espaces pour les services partagés.